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Ma méthode pour créer un collectif incorruptible et auto-financé

  • Photo du rédacteur: Bertrand Larsy
    Bertrand Larsy
  • 2 avr. 2024
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 11 avr. 2024

J'ai déjà pas mal écrit sur les organisations autonomomes décentralisées (DAO), ces entités qui existent sur une blockchain, et dont les contrats intelligents permettent de prendre des décisions, et gérer un budget commun de manière consenssuelle.

C'est très bien, on a un outil qui règle pas mal de problèmes, mais qu'est-ce qu'on en fait ?


Voici ma méthode pour en tirer le meilleur:


  1. Création d'une vision partagée. Suffisament large pour se détacher du quotidien immédiat, mais suffisament spécifique pour arbitrer les choix de stratégie

    1. Définir le besoin qu'on aimerait le plus combler

    2. Parmi les personnes présentes, déterminer ce qu'on est prêt à investir (en temps, en argent, ...)

    3. Déterminer si un élan collectif se dessine. Si oui, élaborer la vision. Si non, changer de besoin

  2. Créer une DAO, y joindre les fondateurs et leur apports initiaux en jetons

  3. Commencer à créer et voter des propositions, et bien sûr les mettre en oeuvre. Les propositions seront probablement:

  • Création de la stratégie, par exemple sour forme de "roadmap" - une liste d'étapes du collectif

  • Inclusion - ou exclusion - de membres

  • Création de tâches avec paiement en jetons numériques

  • ...


Ca paraît simple, vu comme ça. En réalité, ce n'est pas tant le processus qui est un défi, mais de rassembler des gens prêts à s'engager à satisfaire des besoins.


Exploration des besoins

On peut créer des collectifs actifs dans une pléthore de domaine différents. Les DAO vont briller particulièrement dans certains de ces domaines, en particulier ceux qui ne sont pas bien servis par l'économie de croissance.

Ces domaines sont soit laissés aux états - le "non-marchand" -, soit ils sont servis, mais sans considération pour le long terme - notamment l'écologie:

  • alimentation

  • eau potable

  • eau grise (lavage, chasse d'eau, ...)

  • se soigner

  • ameublement

  • électricité

  • sécurité

  • amitié, communauté

  • accès Internet

  • vêtements

  • logement

  • equiper son logement: eau, chauffage, électricité

  • transport de personnes

  • transport de marchandise

  • transmission de connaissances


Vous aurez compris qu'on est à peu près sur tous les besoins de base.


Public cible

J'ai identifié quelques profils particulièrement porteurs:

  • Les gens écologiquement sensibles, parfois désabusés par l'activisme des vieilles ONG, et/ou préoccupés de la tournure que prend l'activisme jugé plus "dur" (Extinction Rebellion)

  • Les entrepreneurs conscients de la nécessité de faire une transition. J'y inclus les "intrapreneurs", qui innovent à l'intérieur des grandes entreprises

  • Les acteurs du non-marchand qui sont ouverts à d'autres outils

  • Les consomm'acteurs, qu'on va souvent retrouver à financer des coopératives, des entreprises locales, favoriser la mobilité douce, pratiquer les achats groupés, ...

  • Les parents conscients, souvent fort occupés rien qu'à compenser les dégâts que la société fait aux enfants

  • Les gens en dissonance cognitive par rapport à leur mode de vie, souvent très qualifiés, mais aux prises avec une certaine détresse psychologique. Beaucoup traînent leur carrière comme un boulet, ce qui n'est pas étonnant vu l'inadéquation des emplois par rapport aux défis globaux

  • Une catégorie un peu fourre tout, les "laissés pour compte", qui regroupe les gens que le système dominant perd en route: chômeurs de longue durée, gens en burn out, objecteurs de conscience, retraités pauvres, travailleurs sociaux, artistes, ...


Malgré ces abondantes cibles, trouver les personnes intéressées reste le plus gros écueil. Les obstacles ne manquent pas, malheureusement: aversion au numérique, saturation par rapport à la technologie, sursollication congnitive générale, ...


Restons lucides, mais positifs, et rappelons nous Margaret Mead:

Ne doutez jamais qu'un petit groupe de citoyens sérieux et engagés puissent changer le monde. En fait, c'est toujours ainsi que le monde a changé.

Boîte à outils

Le web coopératif - les DAO en particulier - a beau être une percée incroyable dans l'outillage des collectifs, il ne fait pas tout.


Je suggère de le combiner avec des processus d'intelligence collective. Je ne vais pas tenter de détailler ici ce que c'est, mais juste mentionner qu'ils rendent la collaboration efficace et agréable.


Voici comment les DAO et l'intelligence collective peuvent se marier pour fournir tous les ingrédients d'un collectif à succès.

J'y ai ajouté une colonne pour les coopératives, car elles sont ce qui se fait de mieux à l'intéreur du système monétaire classique.


Conclusions:

  • Qu'on s'organise en DAO ou en coopérative, les processus d'intelligence collective sont absolument indispensables

  • De mon point de vue, la DAO surpasse la coopérative sur tous les domaines pertinents. C'est principalement grâce à ses outils financiers simples et efficaces: portefeuilles, jetons numériques, stablecoins. Les DAO sont aussi couplées à des outils de partage d'information variés qui aident à l'accessibilité, et se marient particulièrement bien à l'intelligence collective

  • Les coopératives héritent malheureusement des lourdeurs d'un système juridique né du système monétaire à croissance, qui décuple la compétition. Créer une coopérative dans un tel système equivaut à créer un bateau capable de remonter les cascades ... Ceci dit, quand on voit le succès de certaines coopératives , malgré leur lourdeur structurelle, on peut avoir de l'ambition pour les DAO.


 
 
 

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